Interview pour ESF sciences humaines

Qu'est-ce qui fait la spécificité de la Méthode Joannidès ?

La Méthode Joannidès est innovante parce qu’elle repose sur les travaux récents et méconnus des sciences du langage, sécurisants et rendus accessibles, qui expliquent enfin ou autrement comment fonctionne l’orthographe. Elle dépasse ainsi les limites des méthodes traditionnelles (basées sur la seule mémorisation : de règles, mots, astuces) et vient en complément de la formation initiale.

Votre méthode est décrite comme "sécurisante". Qu'est-ce que cela signifie ?

Parce que c’est l’incompréhension qui génère de l’insécurité, la Méthode Joannidès est sécurisante dans la mesure où elle explique les fonctionnements. On n’écrit plus par cœur en se demandant si notre mémoire est bonne, mais armé de la connaissance des raisonnements à tenir pour trouver la bonne réponse. Il n'y a plus de doutes et d’insécurité quand on connait les logiques de l’orthographe et qu’on peut justifier sa réponse.

Par ailleurs, la Méthode Joannidès repose sur une conception tolérante de la langue, celle de la linguistique, qui relativise la responsabilité de ceux qui font des « fautes », en admettant que la langue peut être mal transmise et qu’elle présente des faiblesses susceptibles d’être corrigées par des réformes.

Cette approche est très concrète : en quoi les briques de couleurs peuvent aider à la conjugaison ?

La technique des briques, appelée technique des « couleurs de relation », aide à travailler les relations entre les mots dans la phrase (ce qu'on appelle traditionnellement « l'accord »), par exemple entre le nom et l’adjectif, le sujet et le verbe, en matérialisant – au lieu de n’être que mentale – cette relation entre les mots.

Selon vous, quelles sont les règles de français les plus compliquées à assimiler ?

Si l’on tient compte des principales erreurs orthographiques des Français, les règles les plus compliquées à assimiler sont : les règles d’accord, notamment du pluriel et du participe passé, et les règles de conjugaison (ex. : du présent pour les verbes en -er et -dre, de l’impératif…). Plus largement, les unités <e> et <s> sont les plus problématiques, par exemple dans les homophones se/ce, sa/ça, ses/ces/c’est…